Il y a des séries qui n’ont pas besoin d’être récentes pour être incontournables. Les Tudors, la fresque historique créée par Michael Hirst et diffusée à l’origine sur Showtime entre 2007 et 2010, fait partie de celles-là. Sulfureuse, fastueuse, politique et romanesque à la fois, elle avait posé les bases du drama historique en costume tel qu’on le connaît aujourd’hui sur les grandes plateformes. Les quatre saisons et les 38 épisodes de l’intégrale sont disponibles sur Netflix en France depuis le mardi 4 août 2026, et si vous n’avez jamais vu la série, vous n’avez vraiment plus d’excuse.
Les Tudors : de quoi parle la série Netflix ?
Angleterre, début du XVIe siècle. Henri VIII, interprété par Jonathan Rhys Meyers, vient de monter sur le trône à 17 ans. Jeune, beau, cultivé, sportif, parlant plusieurs langues, jouant de la musique et composant des poèmes, il est tout ce qu’un prince de la Renaissance était censé être. Et il va progressivement devenir l’un des souverains les plus redoutables et les plus imprévisibles de l’histoire européenne.
La série ne cherche pas à raconter l’histoire d’Angleterre dans son ensemble. Elle se concentre sur le règne d’Henri VIII, ses mariages successifs, ses alliances politiques changeantes, sa rupture retentissante avec Rome et la création de l’Église anglicane, et surtout les êtres humains qui gravitent autour de lui, les aiment, le servent, le manipulent ou finissent sur l’échafaud. En quatre saisons, la série couvre les grandes ruptures d’un règne de 38 ans, des mariages retentissants aux exécutions qui ont marqué l’histoire, en passant par les guerres d’influence entre les grandes familles de la cour, les tractations avec le Vatican et les bouleversements religieux qui vont transformer l’Europe entière.
Ce qui distingue Les Tudors des autres dramas historiques de la même époque, c’est son refus de sacraliser ses personnages. Henri VIII n’est pas un monstre à combattre ni un héros à admirer : c’est un homme complexe, capable d’une générosité sincère comme d’une brutalité froide, dont les contradictions sont le vrai moteur de la série. Thomas Cromwell calcule, Thomas More résiste, Anne Boleyn manœuvre, Catherine d’Aragon s’accroche à sa dignité avec une grandeur rare. Chaque personnage a ses propres raisons, ses propres angles morts et ses propres limites. C’est cette densité qui fait de la série un objet encore vivant quinze ans après sa première diffusion.
Les Tudors : la structure des quatre saisons
La saison 1 plante le décor. Henri VIII est un jeune roi impatient, entouré de conseillers qui lui rappellent à chaque instant que son rôle est d’assurer la succession du royaume. Son mariage avec Catherine d’Aragon, veuve de son frère Arthur, ne lui donne pas l’héritier mâle qu’il espère. L’arrivée d’Anne Boleyn à la cour va tout faire basculer. La saison explore aussi la relation d’Henri avec son ami le plus proche, Charles Brandon joué par un jeune Henry Cavill, et ses ambitions politiques à travers l’Europe via le cardinal Wolsey.
La saison 2 est celle d’Anne Boleyn, incarnée par Natalie Dormer dans une performance qui lui a valu une reconnaissance internationale immédiate. La rupture avec Rome s’accélère, les têtes tombent, et la cour d’Henri se transforme en terrain de jeu où chaque faveur peut se retirer du jour au lendemain. C’est la saison la plus tendue et la plus dramatiquement aboutie de toute la série.
La saison 3 marque un tournant dans le règne avec l’arrivée de Jane Seymour, jouée par Annabelle Wallis, et la montée en puissance de Thomas Cromwell. La Réforme protestante prend de l’ampleur, les monastères sont dissous et les exécutions se multiplient parmi ceux qui avaient cru que leur loyauté les protégerait.
La saison 4 est celle du déclin. Henri vieillit, son corps le trahit, ses jugements se font plus erratiques et ses épouses se succèdent dans un rythme qui tient plus de la tragédie que de la comédie. La série s’achève sur la mort d’un souverain qui a changé l’histoire de son pays de façon irréversible, laissant derrière lui un héritage que personne dans son entourage n’avait vraiment voulu.
La genèse des Tudors : Michael Hirst et une série qui a tout changé
Les Tudors est l’œuvre de Michael Hirst, scénariste irlandais dont le travail était déjà reconnu au cinéma, notamment pour le film Elizabeth de Shekhar Kapur en 1998, avec Cate Blanchett dans le rôle de la future reine d’Angleterre. Fort de cette expérience sur la fiction historique Tudor, il s’est lancé dans un projet télévisuel qui permettrait d’aller bien plus loin qu’un film, de prendre le temps d’explorer les personnages secondaires, les manœuvres de coulisses et les années qui séparent chaque grand événement.
La série est une coproduction américaine, britannique, canadienne et irlandaise, produite par Showtime aux États-Unis et CBC au Canada, avec l’implication de Working Title Television et de la société irlandaise de production Peace Arch Entertainment. Le tournage s’est déroulé principalement en Irlande, au château de Kilkenny et dans d’autres sites historiques irlandais, dont la photogénie se prêtait parfaitement à la reconstitution de l’Angleterre tudorienne.
Les Tudors a directement préparé le terrain à Vikings, la grande saga nordique que Michael Hirst a développée dès 2013 et qui a rencontré un succès mondial comparable. Les deux séries partagent le même ADN : une approche de l’histoire moins soucieuse de l’exactitude factuelle que de la vérité émotionnelle, des protagonistes dont les contradictions en font des personnages universels, et un goût prononcé pour les scènes de violence et de séduction qui servent le propos autant qu’elles entretiennent le spectacle.
Le casting des Tudors sur Netflix
Jonathan Rhys Meyers incarne Henri VIII de la première à la dernière scène. L’acteur irlandais, révélé au cinéma dans Velvet Goldmine de Todd Haynes et Bend It Like Beckham de Gurinder Chadha, livre ici la performance de sa carrière : un Henri qui passe de la fougue d’un jeune homme à la paranoïa d’un vieillard, en maintenant à chaque stade une présence magnétique qui rend compréhensible, sinon excusable, l’ascendant qu’il exerce sur tous ceux qui l’entourent.
Henry Cavill joue Charles Brandon, duc de Suffolk et meilleur ami d’Henri. Il avait 24 ans lors du tournage de la première saison, et son interprétation dans Les Tudors est ce qui a véritablement lancé sa carrière internationale, bien avant L’Homme d’acier en 2013 et The Witcher en 2019. Voir Cavill à ses débuts, dans un rôle qui lui demandait beaucoup plus de nuance que ses personnages ultérieurs, est l’une des découvertes les plus réjouissantes de la série pour ceux qui ne la connaissaient pas encore.
Natalie Dormer joue Anne Boleyn dans les saisons 1 et 2, Maria Doyle Kennedy incarne Catherine d’Aragon avec une noblesse et une dignité déchirantes, Annabelle Wallis est Jane Seymour, Sarah Bolger joue la princesse Marie, James Frain incarne Thomas Cromwell. Sam Neill, Jeremy Northam, Nick Dunning et une distribution secondaire d’une richesse exceptionnelle complètent un casting qui n’a pas pris une ride.
Les Tudors est disponible sur Netflix depuis le mardi 4 août 2026
L’intégrale des quatre saisons des Tudors, soit 38 épisodes d’environ 53 minutes chacun, est accessible sur Netflix depuis le mardi 4 août 2026 en version originale anglaise sous-titrée en français et en version doublée en français. La série est déconseillée aux moins de 12 ans en raison de ses scènes de violence et de nudité. Pour les amateurs de dramas historiques en costume qui ont dévoré The Crown, Reign ou Marie Reine d’Écosse, c’est l’adresse parfaite pour les prochaines semaines.


