HBO vient de lancer sa nouvelle série DC avec une déclaration d’intention claire : Lanterns n’est pas un film de super-héros, c’est un polar. Et comme tout bon polar, il commence par un cadavre. Kyle Chandler en Hal Jordan et Aaron Pierre en John Stewart forment le duo central de cette série qui choisit délibérément l’Amérique profonde du Nebraska plutôt que l’espace pour planter son décor. L’épisode pilote utilise trois périodes temporelles simultanément, livrant une structure narrative audacieuse dont le choc final rend tout ce qui précède rétrospectivement plus lourd à porter. Hal Jordan est mort. Ou peut-être pas. Et cette ambiguïté est exactement ce qui rend la série immédiatement addictive.
Le flashback de 1996 : un enfant qui regarde un héros à la télévision
L’épisode s’ouvre en 1996 dans le salon d’une maison ordinaire de l’Amérique noire. Un groupe de garçons est rivé devant un écran de télévision où l’émission 60 Minutes diffuse une interview exclusive avec Hal Jordan, le premier être humain à avoir été sélectionné par un anneau de pouvoir des Green Lanterns. Hal s’adresse directement à la caméra et dit la chose la plus importante qu’il veuille que le monde retienne de lui : il est une personne ordinaire, comme tout le monde. Cette déclaration semble anodine. Elle ne l’est pas. Elle va résonner pendant tout l’épisode.
L’un des garçons devant l’écran est le jeune John Stewart, fasciné. À côté de lui, son père entre dans la pièce. Ce que la série fait ensuite avec ce père est l’une des décisions les plus brutales et les plus courageuses du pilote : il emmène John dans le jardin, lui demande de placer une pomme sur sa tête, lui demande s’il a peur, et quand John répond non, il tire. La balle pulvérise la pomme. Le père et le fils rentrent dîner. Pas d’explication, pas de contexte immédiat, juste l’image d’un enfant élevé dans un environnement où la peur est une faiblesse qu’on élimine à coups de fusil. Ce flashback dit tout sur qui sera John Stewart adulte avant même qu’on le voie.
2016 : l’enquête à Rushville, Nebraska et la rencontre avec les aliens
L’arc principal de l’épisode se déroule en 2016. John Stewart adulte, joué par Aaron Pierre, est en formation sous la tutelle d’Hal Jordan. Les deux Lanterns sont en train de déjeuner dans un restaurant quand Hal reçoit un signal d’un hologramme de lui-même, une sauvegarde de sa propre conscience. Le message est cryptique : « Il y a de la grêle à Rushville, Nebraska. Je saurai ce que ça signifie. » Hal sait effectivement. Il règle l’addition et s’envole, laissant John payer et se rendre à Rushville par ses propres moyens.
À Rushville, une fusillade vient d’avoir lieu sur le terrain de football du lycée. La shérif locale Kerry Kane, interprétée par Kelly Macdonald, n’est pas ravie de voir débarquer deux agents fédéraux sans juridiction sur son terrain. Elle l’est encore moins quand Hal avance immédiatement sa théorie sur une présence extraterrestre. Mais les faits lui donnent rapidement raison : un des badauds attirés par la scène de crime se met à courir quand il réalise que les Lanterns le surveillent. La chasse qui s’ensuit révèle qu’une faction d’aliens a infiltré la communauté humaine, se dissimulant dans des corps humains.
L’enquête conduit Hal et John jusqu’à Elliot Macon, riche propriétaire local dont le ranch abrite quelque chose qu’il ne veut pas montrer. Garret Dillahunt incarne Macon avec cette ambiguïté calculée des personnages dont on ne sait jamais exactement de quel côté de la ligne ils se trouvent. Ce que cache le ranch Macon n’est pas entièrement révélé dans le pilote, mais les indices suffisent à comprendre que l’infiltration alien à Rushville n’est pas un incident isolé.
La structure temporelle de Lanterns épisode 1 : pourquoi la série utilise trois périodes
Le choix de raconter l’histoire sur trois temporalités simultanées n’est pas anodin. La période 1996 construit le personnage de John Stewart en montrant ses origines. La période 2016 est l’arc d’action principal qui installe la dynamique entre Hal et John. Et la période 2026, qu’on découvre à la toute fin de l’épisode, transforme rétrospectivement tout ce qui précède.
Ce dispositif narratif est emprunté aux grandes traditions du roman noir américain : montrer la fin avant le début pour que le voyage du point A au point Z soit chargé d’un poids que le spectateur porte seul. On regarde Hal Jordan se déplacer, plaisanter, enquêter avec la conscience que quelque chose de terrible va lui arriver. Cette angoisse diffuse est l’une des réussites les plus inhabituelles d’un pilote de série DC.
La fin de l’épisode 1 de Lanterns : Hal Jordan retrouvé mort dans les gradins
C’est le coup de théâtre final. Dix ans après les événements de Rushville, en 2026, un John Stewart légèrement vieilli arrive en voiture dans la ville enneigée du Nebraska. Il passe devant le ranch Macon, qui semble avoir été détruit ou abandonné. La shérif Kerry l’attend près du terrain de football. Ensemble, ils se dirigent vers les gradins.
Ce qu’ils trouvent là : le corps presque congelé de Hal Jordan, assis dans les gradins sous la neige accumulée, une balle dans le front, les yeux ouverts. John reconnaît immédiatement son ancien mentor. Mais il remarque une autre chose, plus troublante encore : Hal ne porte pas son anneau. L’anneau de Green Lantern a disparu.
Kyle Chandler lui-même et les showrunners Chris Mundy et Damon Lindelof ont confirmé dans leurs interviews de lancement que Hal Jordan est effectivement mort. Ce n’est pas un leurre, pas une feinte narrative : le légendaire Green Lantern de la Terre est mort assassiné entre 2016 et 2026. Ce qui reste ouvert, en revanche, c’est tout le reste : qui l’a tué, pourquoi, et surtout, où est passé son anneau de pouvoir.
Ce que la mort de Hal Jordan signifie pour Lanterns saison 1
La mort d’Hal Jordan dans le pilote fait de Lanterns quelque chose de radicalement différent de ce qu’on attendait d’une série DC. La question centrale n’est pas « comment le héros va-t-il sauver le monde » mais « qui a tué le héros et pourquoi ». C’est un murder mystery costumé en série de super-héros, ou l’inverse, selon l’angle par lequel on l’aborde.
Ce dispositif permet aussi à la série de conserver Kyle Chandler comme acteur principal malgré la mort de son personnage dans le présent. Les dix années qui séparent 2016 de 2026 restent à raconter, et Hal Jordan vivant en 2016 peut parfaitement continuer à occuper le cœur de la série pendant plusieurs saisons. La mort de 2026 n’est pas une conclusion mais un point de départ. L’épisode 2 de Lanterns est disponible le dimanche 23 août 2026 à 3h du matin sur HBO Max France.


