I’m the Most Beautiful Count (Netflix) : charisme, humour et amour interdit dans le drama thaïlandais qui débarque enfin sur Netflix

Il y a des séries qui vous saisissent dès la première scène, non pas parce qu’elles jouent la carte du mystère ou de la violence, mais parce qu’elles débordent d’une énergie si singulière qu’on n’a pas d’autre choix que de les suivre jusqu’au bout. I’m the Most Beautiful Count est de celles-là. Ce drama thaïlandais qui a enflammé les communautés BL internationales tout au long de l’été 2025 est enfin disponible sur Netflix depuis ce jeudi 4 juin 2026, et il mérite largement qu’on lui consacre quelques heures de binge enthousiaste.

I’m the Most Beautiful Count : une superstar queer, un voyage dans le temps et une cour royale qui ne l’a pas vu venir

Le point de départ de I’m the Most Beautiful Count est aussi improbable qu’il est irrésistible. Prince Pinyaphat, connu de tous sous le seul prénom de Prince, est une superstar thaïlandaise au sommet de sa gloire. Ouvertement queer, provocateur assumé, aussi adulé qu’il est vilipendé par une partie du public, il assume son identité avec un culot et un charisme qui lui ont valu autant de fans acharnés que d’ennemis déclarés. Sa devise pourrait tenir en une phrase : tout le monde a le droit d’être soi-même, et tout le monde a le droit d’être beau.

Jusqu’au matin où il se réveille dans un corps qui n’est pas le sien. Prince se retrouve propulsé dans la peau de Khun Woradet, un jeune noble du royaume de Thongburi, dans la Thaïlande du XVIIIe siècle. Problème : dans ce monde-là, l’amour entre personnes du même sexe est non seulement interdit, mais potentiellement mortel. Le charisme insolent de Prince se heurte brutalement à un environnement où les convenances valent plus que les vies, et où les intrigues de cour peuvent coûter la tête d’un homme en un claquement de doigts.

Ce qu’il ignore encore, c’est que Woradet traînait derrière lui tout un passé de secrets, d’alliances brisées et d’un amour caché dont il devra démêler les fils pour comprendre comment il est arrivé là, et surtout comment en sortir.

I’m the Most Beautiful Count : une série qui va bien au-delà du simple BL

Ce qui distingue immédiatement I’m the Most Beautiful Count de l’immense majorité des dramas BL thaïlandais, c’est la façon dont la série refuse de se laisser réduire à une étiquette. Le genre BL, extrêmement populaire en Thaïlande depuis une dizaine d’années, propose le plus souvent des romances entre hommes qui évitent soigneusement les questions identitaires pour se concentrer sur la tension romantique. I’m the Most Beautiful Count fait exactement l’inverse.

Le personnage de Prince est un icon queer au sens le plus complet du terme, qui ne se contente pas d’être attiré par un homme mais qui incarne une identité de genre fluide et revendiquée, proche de la communauté kathoey, une identité spécifique à la culture thaïlandaise. En le propulsant dans un monde où cette identité même le met en danger de mort, la série transforme son prétexte fantaisiste en véritable réflexion sur la liberté d’être soi, sur le courage que cela demande à différentes époques, et sur la façon dont l’amour peut résister aux systèmes qui cherchent à l’écraser.

La comédie, omniprésente et souvent hilarante grâce aux décalages culturels entre le XXIe siècle de Prince et la rigidité protocolare de la cour de Thongburi, coexiste avec des scènes d’une vraie intensité dramatique. Les intrigues politiques, les tentatives d’assassinat et les révélations sur le passé de Woradet donnent à la série une épaisseur narrative que les simples romances BL atteignent rarement.

I’m the Most Beautiful Count : l’adaptation d’un webtoon et une production soignée

La série est adaptée du webtoon thaïlandais Chan Ni Lae Than Khun Thi Suai Thi Sut Nai Siam, signé par l’autrice Yuen Kin Pakka Thi Than Phra. L’œuvre originale avait déjà su conquérir un lectorat fidèle avec sa mécanique de voyage dans le temps et son personnage principal inoubliable avant que la production ne s’en empare.

La série est produite par The One Enterprise et Change 2561, deux studios thaïlandais bien installés dans le paysage du drama local, avec une implication de Line Webtoon qui accompagne de plus en plus fréquemment les adaptations de ses titres vers le format sériel. La réalisation est signée Kritsada Techanilobon, qui a su maintenir un équilibre délicat entre les séquences d’action, les moments de comédie pure et les scènes romantiques sans jamais sacrifier l’un au profit de l’autre. La saison 1 compte treize épisodes d’environ cinquante minutes chacun, de quoi s’installer confortablement pour un binge de haute qualité.

I’m the Most Beautiful Count : un casting taillé pour faire des dégâts

La série doit une large part de son succès fulgurant à la performance de Nut Supanut Lourhaphanich dans le double rôle de Prince et de Woradet. Déjà remarqué dans Pit Babe en 2023, l’acteur thaïlandais explose littéralement dans ce rôle qui lui demande simultanément un sens aigu du comique de situation, une présence physique spectaculaire et une vraie capacité à transmettre la vulnérabilité derrière le vernis insolent de son personnage. Sa performance dans le rôle de Prince est unanimement saluée comme la meilleure de sa carrière, et c’est peu dire.

Face à lui, Ping Orbnithi Leelavetchabutr incarne Kosol, figure centrale de l’intrigue de cour, avec une intensité et une élégance qui contrastent parfaitement avec l’énergie débordante de Prince. Le reste du casting réunit Pop Pataraphol Wanlopsiri dans le rôle de Banjong, Lee Asre Watthanayakul en Jade, Aton Thanakorn Techawicha en roi Chaiyachet et Belle Jiratchaya Kittavornsakul en Pandao, une distribution qui monte en puissance au fil des épisodes pour offrir une galerie de personnages secondaires aussi mémorables que les protagonistes.

🎬 La bande-annonce officielle de I’m the Most Beautiful Count

I’m the Most Beautiful Count est disponible dès aujourd’hui sur Netflix

I’m the Most Beautiful Count est disponible depuis ce jeudi 5 juin 2026 sur Netflix en version originale thaïlandaise sous-titrée, avec l’intégralité des treize épisodes de la saison 1 accessibles dès maintenant. Si vous n’avez encore jamais plongé dans l’univers des dramas thaïlandais, difficile d’imaginer meilleure porte d’entrée : la série coche toutes les cases du divertissement généreux, intelligent et sincèrement représentatif, avec une interprétation principale qui ferait regretter à n’importe qui d’avoir attendu aussi longtemps avant de se lancer.

Emma G.
Emma G.
J'adore me refaire des séries du début des années 2000 mais cela nécessite beaucoup de temps libre ? Ma soirée préférée ? Netflix & Chill bien sûr !