Trois lundis soirs de suspense, des fausses pistes à n’en plus finir, un palace niçois qui cachait bien ses secrets… L’Été 36 s’est achevée ce lundi 1er juin 2026 sur TF1, et le dénouement final a tenu toutes ses promesses. Le nom du coupable, que beaucoup espéraient deviner bien avant le générique de fin, a finalement réservé une surprise de taille. Retour en détail sur ce qui s’est joué dans ces ultimes épisodes.
L’Été 36 : qui a vraiment tué le procureur Jacquart ?
Tout au long de la série, le meurtre du procureur Adrien Jacquart (Arnaud Binard) a tenu lieu de moteur principal à l’intrigue. Retrouvé mort dans sa chambre du palace Riviera, il laissait derrière lui une longue liste de suspects crédibles : son amante mariée Blanche (Julie de Bona), son ex-fiancée Eugénie (Sofia Essaïdi) dont il pourrait être le père biologique du fils, la gouvernante Giulia (Nolwenn Leroy) qui lui devait une importante somme d’argent, sans oublier le sulfureux homme d’affaires Raoul Delaunay (Pascal Elbé) que Jacquart allait convoquer pour une affaire de fraude.
La vérité est pourtant tout autre, et elle se cache du côté d’un personnage que l’on n’imaginait pas au cœur de ce drame : Anne-Marie (Camille Japy), la tante de Blanche et d’Eugénie. Cette femme au passé douloureux avait autrefois entretenu une liaison avec un homme marié, dont elle avait eu un enfant en secret, accouché à Nice avec l’aide de Marthe (Miou-Miou). Elle n’avait jamais réussi à tourner la page, continuant à veiller discrètement sur ce fils adopté de loin. Jusqu’au drame : à l’âge de douze ans, l’enfant avait été renversé par un chauffard et grièvement blessé. Derrière le volant, le procureur Jacquart, qui avait pris la fuite par crainte du scandale plutôt que de porter secours au garçon. Si cette aide était arrivée à temps, l’enfant aurait peut-être survécu.
Rongée par ce deuil impossible et cette injustice non réparée, Anne-Marie avait commencé à envoyer des lettres de menace au procureur. Le soir du drame, elle l’avait confronté une dernière fois dans sa chambre, espérant sans doute des aveux ou des remords. Face au refus de Jacquart d’assumer quoi que ce soit, quelque chose en elle a cédé. Elle l’a tué.
L’Été 36 : pourquoi Edgar Girault a-t-il été empoisonné ?
Le second meurtre, celui du directeur de l’hôtel Edgar Girault (Patrick Ridremont), s’explique par une logique aussi sordide que tragique. Edgar avait eu la malchance d’assister à la scène depuis sa chambre et avait décidé d’exploiter ce qu’il savait. Obsédé par Anne-Marie depuis des années, il l’avait séquestrée pour la faire chanter et abuser d’elle.
C’est Marthe, la mère de Blanche et d’Eugénie et complice de longue date d’Anne-Marie, qui a mis fin à ses agissements. Apprenant ce qu’Edgar lui avait fait subir, elle n’a pas hésité une seconde : elle a glissé de l’arsenic dans son whisky, le condamnant à une mort silencieuse que le commissaire Raven (François-Xavier Demaison) et Léonie (Constance Gay) avaient d’abord prise pour une crise cardiaque. Ce sont donc deux sœurs, Anne-Marie et Marthe, qui portent ensemble le poids des deux meurtres du Riviera.
L’Été 36 : comment les quatre héroïnes ont protégé les vraies coupables
Le tour de force du final réside dans la façon dont Blanche, Eugénie, Giulia et Léonie ont manœuvré pour détourner les soupçons des véritables meurtrières. Les quatre femmes, que le commissaire Raven avait lui-même comparées aux douze suspects du Crime de l’Orient-Express, se sont alliées pour faire porter le chapeau à Raoul Delaunay, celui-là même qui n’avait cessé de faire le mal tout au long de la série en faisant chanter, menaçant et cherchant à pousser Henri Pontavice-Caron (Sam Karmann) à collaborer avec les nazis.
Delaunay avait suffisamment de mobiles plausibles et suffisamment d’ennemis pour que l’accusation tienne. La manœuvre fonctionne. Poussée par sa conscience, Anne-Marie finit tout de même par tout avouer à la police. Mais le commissaire Raven, dans un geste d’humanité inattendu, choisit d’ignorer ses aveux et lui ordonne simplement d’oublier. Tout se termine ainsi avec une forme de justice poétique plutôt que judiciaire : Delaunay paie pour ses crimes réels, même si ce ne sont pas ceux dont il est officiellement accusé.
L’Été 36 : le sort des quatre héroïnes à la fin de la série
Au-delà du fil policier, la série avait construit des trajectoires personnelles riches pour chacune de ses protagonistes, et le final prend soin de leur offrir une conclusion.
Eugénie (Sofia Essaïdi) et son mari Jean (Simon Ehrlacher) avaient traversé une crise profonde après les révélations sur leur fils Louis, dont la paternité biologique soulevait des questions douloureuses. La série les laisse sur une tentative de réconciliation, leur histoire commune pesant plus lourd que les secrets dévoilés.
Blanche (Julie de Bona), elle, a vu son mari s’engager dans des activités clandestines liées à la résistance à la montée du nazisme. Impressionnée par ses convictions, elle choisit de le couvrir face à la police allemande et de tenter de le rejoindre dans ce combat, marquant pour elle un tournant vers quelque chose de plus grand qu’elle-même.
Giulia (Nolwenn Leroy) sort enfin de l’emprise de Delaunay et, grâce à l’appui de Joseph Neuville (Assaad Bouab), se voit confier la direction du Riviera, une reconnaissance méritée pour une femme qui avait tout sacrifié pour protéger sa fille Suzanne.
Quant à Léonie (Constance Gay), la jeune auxiliaire de police qui cherchait avant tout à innocenter son père condamné à mort, elle obtient également la réponse à la question qui avait tout déclenché pour elle, permettant à sa quête personnelle de se clore.
L’Été 36 : une fin de série définitive, sans suite prévue
L’Été 36 avait été conçue dès l’origine comme une mini-série fermée, dans la continuité du Bazar de la Charité (2019) et des Combattantes (2022), les deux précédentes fresques historiques produites par Quad Drama pour TF1. La productrice Iris Bucher revendiquait d’ailleurs l’influence d’Agatha Christie comme boussole narrative : une enquête en huis clos temporel, des suspects tous crédibles, un dénouement qui redistribue entièrement les cartes.
La série a rencontré un très large public sur TF1, enregistrant jusqu’à 5,7 millions de téléspectateurs pour son épisode de lancement et des parts d’audience qui ont frôlé les 28% sur plusieurs soirées. Elle est par ailleurs intégralement disponible sur Netflix depuis le 1er juin 2026, pour ceux qui souhaitent la découvrir ou la revoir en une fois.
Il n’y aura donc pas de saison 2 : toutes les intrigues ont trouvé leur résolution dans ce sixième et dernier épisode, sans cliffhanger ni porte ouverte. Une façon de boucler l’été 1936 avec la même élégance que l’anthologie avait mise à raconter 1897 et la Grande Guerre.


