Huit épisodes. Un détective privé fauché, grognon et hanté par ses fantômes. Un New York de 1933 engloutie sous la pluie et la corruption. Et un finale qui ne ressemble à aucun dénouement de super-héros que vous avez vu ces dernières années. Spider-Noir n’a jamais voulu être le récit d’un homme qui trouve sa vocation dans un costume. C’est l’histoire d’un homme qui fait tout pour s’en débarrasser, et qui finit par comprendre, dans les dernières minutes de la saison, pourquoi il ne le pourra jamais vraiment.
Spider-Noir Saison 1 : Cat Hardy trahit Silvermane, le compte à rebours commence
Le dernier épisode s’ouvre sur une scène qui pose d’emblée le ton de ce qui va suivre. Silvermane, incarné par un Brendan Gleeson en état de grâce tout au long de la saison, est attablé avec Cat Hardy dans son repaire de l’Alcove. Il lui parle de sa propre ascension, de la façon dont il est parti de rien pour construire un empire criminel, et lui donne un conseil qui résume toute sa philosophie : ne jamais être satisfait, toujours prendre ce qui vous revient. Ce qu’il ne sait pas, c’est que Cat, jouée par Doña Croll, est en train de décider à cet instant précis qu’elle a fini de servir ses intérêts.
Dès qu’il quitte la table, elle décroche le téléphone. Elle appelle Janet Ruiz, la secrétaire de Ben Reilly interprétée par Yung Joo Kim, et lui propose un marché : elle est prête à retourner sa veste et à injecter elle-même l’antidote à Flint Marko et à Leydon, les deux hommes superpuissants qui travaillent pour Silvermane, en échange d’une sortie propre. Janet l’écoute, lui administre deux gifles bien méritées pour trahison, et finit par accepter de transmettre l’offre à Ben.
Spider-Noir Saison 1 : la couverture de Ben vole en éclats
Pendant ce temps, les hommes de Silvermane ont encerclé le bureau de Ben sans vraiment savoir qu’il est The Spider. Ils le recherchent simplement comme quelqu’un qui pourrait avoir des informations sur le vigilante. C’est à ce moment que Megawatt, alias Leydon, incarné par Andrew Lewis Caldwell, commence à assembler les pièces du puzzle. Les deux hommes ont servi ensemble pendant la guerre. Les détails s’accumulent. La conclusion s’impose : Ben Reilly et The Spider ne font qu’un.
La situation se détériore rapidement. Ben est emmené de force par les hommes de Silvermane alors que sa couverture est sur le point d’éclater. C’est Robbie Robertson, le journaliste joué par Lamorne Morris, qui intervient à l’instant critique : il enfile le masque de The Spider et organise une diversion suffisamment convaincante pour permettre à Ben de récupérer du temps et des forces. C’est l’un des moments les plus forts de tout le finale, parce qu’il dit quelque chose d’essentiel sur ce que Ben a construit malgré lui pendant huit épisodes : une loyauté, une fraternité, des gens prêts à risquer leur peau pour un homme qui n’a jamais cessé de les repousser.
Spider-Noir Saison 1 : la mort de Silvermane et la trahison définitive de Cat
Le finale de Spider-Noir réserve à Silvermane une fin que son personnage méritait sans que la série ne la lui offre de façon spectaculaire. Ce n’est pas The Spider qui le tue. Ce n’est pas un duel épique sous la pluie de New York. C’est Cat Hardy qui tire sur lui dans la confusion du club, après avoir passé toute la saison à naviguer entre la survie et la culpabilité. Une balle. Un corps qui s’effondre. Des années de domination criminelle sur New York réduites à néant par la femme en qui il avait le plus confiance.
C’est une mise à mort délibérément plate, presque banale, et c’est précisément ce qui la rend si percutante. Spider-Noir n’est pas une série qui célèbre la violence. Elle l’observe avec la même fatigue que son personnage principal. Silvermane est mort non pas parce qu’un héros l’a vaincu dans un combat glorieux, mais parce que sa propre mécanique de manipulation a fini par se retourner contre lui.
Spider-Noir Saison 1 : Megawatt, la vraie menace finale, et le choix de l’antidote
La mort de Silvermane libère Megawatt de tout frein. Leydon avait toujours été le personnage le plus instable de la saison, celui qui croyait sincèrement que ses pouvoirs électriques faisaient de lui un être supérieur et que servir un boss humain était une humiliation. Sans la laisse de Silvermane, il se déchaîne. Les combats qui suivent dans les rues de New York constituent le sommet d’adrénaline du finale, avec une séquence particulièrement redoutable où les pouvoirs de Megawatt commencent à cristalliser le corps de sable de Flint Marko, alias Sandman, joué par Jack Huston, le tuant à petit feu.
C’est Ben qui met fin à Megawatt, en le projetant sur une rame de métro en marche. Brutal, définitif, et parfaitement en accord avec ce que Spider-Noir a toujours été : un récit où les solutions sont rarement propres. Mais la vraie décision de cet épisode n’est pas là. Elle intervient quelques secondes plus tard, quand Ben tient dans ses mains la dernière fiole d’antidote. Il peut la conserver, l’utiliser pour lui-même et devenir enfin un homme ordinaire. Il peut abandonner The Spider une bonne fois pour toutes. Il choisit de la donner à Flint, qui est en train de mourir.
Ce geste est la conclusion de tout l’arc de la saison. Ben a passé huit épisodes à détester ce qu’il est. À traiter ses pouvoirs comme une malédiction héritée de la mort de Ruby. À refuser les missions qui l’auraient obligé à redevenir un héros. Et pourtant, au moment décisif, il donne la seule porte de sortie disponible à quelqu’un d’autre, sans hésiter. Pas parce qu’il est noble ou généreux. Parce qu’il a finalement compris, à force de voir les gens autour de lui se battre pour lui, que la responsabilité ne se dépose pas dans une fiole.
Spider-Noir Saison 1 : Flint et Cat partent, Janet devient partenaire à part entière
Les dernières scènes du finale distribuent les destins avec une économie de moyens qui sied parfaitement à la série. Flint, débarrassé de ses pouvoirs de Sandman, quitte New York avec Cat. Les deux personnages formaient un duo improbable et touchant tout au long de la saison, et leur sortie commune fonctionne comme un épilogue mélancolique pour deux êtres que le système de Silvermane avait broyés avant que Ben ne leur offre une autre issue.
Robbie Robertson, lui, tire les conséquences de ce qu’il a vécu. Il quitte le Daily Bugle et lance le Harlem Herald, son propre journal. C’est une décision qui dit beaucoup sur ce que cette saison lui a fait : il a vu la corruption de près, il a choisi son camp, et il n’est plus question pour lui de servir une machine éditoriale qui regarde ailleurs. Son amitié avec Ben a survécu à l’épreuve, plus solide qu’elle ne l’avait jamais été.
Quant à Janet, elle reçoit dans ce finale la reconnaissance qu’elle méritait depuis le premier épisode. Quand le téléphone sonne dans le bureau fraîchement remis en état, c’est elle qui décroche. Et elle répond : Reilly et Ruiz Investigations. Pas la secrétaire de Ben Reilly. Son associée. Son égale. Une évolution sobre, sans discours, qui est l’une des plus belles choses que la saison ait construites en creux, épisode après épisode.
Spider-Noir Saison 1 : ce que la dernière image laisse en suspens pour une saison 2
La série ne se referme pas sur un cliffhanger traditionnel. Pas de scène post-générique, pas de révélation fracassante. Juste un coup de téléphone mystérieux qui arrive dans le bureau de Reilly et Ruiz Investigations, et auquel Janet répond en affichant ce nouveau titre qui marque un avant et un après. On ne sait pas qui appelle. On ne sait pas quelle affaire va suivre.
Mais la série a semé suffisamment de graines pour qu’une saison 2 ait de quoi bâtir. Robbie Robertson a glissé une information troublante dans l’une des scènes : certains soldats auraient été expérimentés non seulement avec des araignées, mais aussi avec des scorpions et des serpents. Une façon de signaler discrètement que Megawatt et Sandman n’étaient que la partie émergée d’un iceberg de super-soldats ratés que le New York des années 1930 n’a pas fini de croiser. Et si une saison 2 se déroule dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale, comme le showrunner Oren Uziel l’a déjà évoqué, Ben Reilly devra composer avec une menace politique bien plus vaste que les trafics de Silvermane.
La saison 1 de Spider-Noir est disponible en intégralité sur Prime Video. Une saison 2 n’a pas encore été officiellement annoncée, mais tous les signaux créatifs pointent vers une suite.


