Nice, août 1936. Pour la première fois de leur vie, des milliers d’ouvriers posent leurs valises sur la Côte d’Azur, portés par une conquête sociale inédite : les congés payés. Un monde qui découvre la mer, une bourgeoisie qui voit sa Riviera envahie, un palace de luxe où tout bascule quand un meurtre éclate au beau milieu de cette France en ébullition. Avec L’Été 36, TF1 signe une mini-série historique ambitieuse, chorale et addictive, portée par un quatuor féminin de premier ordre.
L’Été 36 : une France à la croisée des chemins
Pour saisir ce que L’Été 36 a de particulier, il faut d’abord comprendre le contexte qu’elle choisit de raconter. En 1936, la France vit un tournant majeur : l’arrivée du Front Populaire au pouvoir et l’instauration des premiers congés payés provoquent un véritable séisme social. Des familles ouvrières qui n’avaient jamais quitté leur quartier se retrouvent soudainement à fouler les galets de la Méditerranée, à s’installer dans des pensions de bord de mer, à croiser du regard une bourgeoisie qui, elle, se croyait seule maîtresse de ce territoire doré.
Ce choc des classes, à la fois cocasse et tendu, offre aux scénaristes Marie Deshaires et Catherine Touzet un terrain dramatique idéal. Car derrière les robes élégantes et les terrasses ensoleillées, c’est une société entière qui se fracture, se réinvente et, parfois, se déchire. La série choisit d’aborder ces transformations profondes non pas par un angle purement historique ou politique, mais à travers la mécanique d’un murder mystery d’inspiration très britannique, dans la grande tradition d’Agatha Christie : un lieu clos (le luxueux hôtel Riviera), un mort, et une galerie de suspects qui cachent tous leurs propres secrets.
L’Été 36 : ce qui se passe dans les couloirs du palace Riviera
L’intrigue s’articule autour de quatre femmes que tout oppose, et qu’un même meurtre va réunir de force. Blanche Akermann, femme de la grande bourgeoisie interprétée par Julie de Bona, cache une liaison avec le redoutable procureur Adrien Jacquart. Eugénie Berthier, jouée par Sofia Essaïdi, est une ouvrière syndiquée au passé trouble, qui tente de protéger son fils des ombres qui pèsent sur lui. Giulia Vincent, gouvernante discrète du palace incarnée par Nolwenn Leroy, lutte pour préserver sa fille d’un secret qui pourrait tout détruire. Quant à Léonie Morel, une jeune auxiliaire de police fraîchement débarquée aux côtés du commissaire, elle se bat en réalité pour sauver son père condamné à mort : c’est Constance Gay qui lui prête vie, et dont le jeu précis a visiblement marqué les premières projections.
Le récit tresse ces quatre trajectoires avec une habileté certaine, multipliant les rebondissements sans jamais perdre de vue les tensions sociales qui donnent à l’ensemble sa profondeur. On plonge dans un palace où chaque couloir recèle un mensonge, chaque dîner de gala cache un mobile, et chaque sourire de façade dissimule une fracture.
L’Été 36 : la genèse d’une trilogie historique signée Iris Bucher
L’Été 36 ne sort pas de nulle part. La série s’inscrit dans une anthologie au long cours initiée par la productrice Iris Bucher et la société Quad Drama pour TF1. Tout a commencé en 2019 avec Le Bazar de la Charité, plongée glaçante dans l’incendie de 1897 qui avait captivé plusieurs millions de téléspectateurs. La fresque s’était poursuivie en 2022 avec Les Combattantes, récit de femmes debout pendant la Première Guerre mondiale. Avec L’Été 36, le triptyque se complète en explorant les années 30, ce moment suspendu entre insouciance et montée des périls.
C’est dès 2023, lors du Festival Séries Mania, que le PDG de TF1 Rodolphe Belmer avait confirmé l’existence du projet, évoquant une série en costumes ancrée dans les années 30. Il aura fallu deux ans de développement et un tournage intensif au printemps 2025 pour que la vision devienne réalité : soixante-cinq jours de tournage entre Nice, Grasse, Sospel et les studios parisiens, vingt-huit décors naturels sélectionnés avec soin, trois cents plans numériques pour restituer le Nice des années 30, et une équipe de décoration de cinquante personnes qui a tout reconstruit de zéro.
Le budget engagé dit tout de l’ambition : 17 millions d’euros, dont une partie soutenue par les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Île-de-France. La production a mobilisé plus de deux cents techniciens au quotidien, 1 700 figurants au total et géré pas moins de 2 000 tenues, dont plus de 300 créées spécifiquement pour la série. Autant dire que ce qui apparaît à l’écran est le fruit d’un travail colossal.
L’Été 36 : un casting qui réunit les meilleurs de la fiction française
Le quatuor central est ce qui frappe en premier. Julie de Bona et Sofia Essaïdi, déjà réunies dans Les Combattantes, retrouvent une complicité évidente à l’écran, même quand leurs personnages se détestent, notamment dans des scènes où l’actrice décrit l’intensité de jouer des sœurs en conflit permanent. Nolwenn Leroy, elle, fait ici ses grands débuts dans la fiction télévisée avec un rôle de gouvernante retenue et meurtrie qui demandait une gravité particulière. Constance Gay complète le quatuor avec une Léonie Morel facétieuse et intrépide qui a visiblement volé la vedette lors des premières projections belges.
Autour d’elles, l’affiche s’enrichit de noms qui donnent du poids à chaque scène. François-Xavier Demaison endosse le rôle du commissaire Raven, Arnaud Binard incarne le procureur Adrien Jacquart, tandis que la grande Miou-Miou s’installe dans la peau de Marthe, figure patriarcale de la haute société horrifiée par l’invasion des vacanciers. Pascal Elbé, Sam Karmann et Assaâd Bouab complètent une distribution qui donne corps à un véritable microcosme social, chaque personnage représentant une couche d’une France en pleine mutation.
L’Été 36 : la bande-annonce
L’Été 36 : quand et où regarder la série ?
L’Été 36 est disponible depuis ce lundi 18 mai 2026 sur TF1, à raison de deux épisodes chaque semaine à partir de 21h10. La diffusion s’étale sur trois semaines, jusqu’au 1er juin 2026. Si vous préférez regarder l’intégralité de la mini-série en une seule fois, Netflix la proposera justement en intégralité à partir de cette même date du 1er juin, dans le cadre du partenariat noué entre la chaîne et la plateforme depuis plusieurs années.
Six épisodes de 52 minutes, une reconstitution somptueuse, un crime à résoudre et une époque qui n’en finit pas de nous fasciner : L’Été 36 a tout pour s’imposer comme l’événement sériel de ce printemps 2026.


