Vingt ans après la première apparition de Miranda Priestly dans nos vies, Le Diable s’habille en Prada 2 est en train de réécrire l’histoire du box-office. Le film fait le plein partout dans le monde, les millénials ont répondu présent en masse, et son réalisateur laisse désormais entendre qu’un troisième volet n’est pas exclu. Autant dire qu’Hollywood retient son souffle.
Le Diable s’habille en Prada 2 : des chiffres qui donnent le vertige
Dès son premier week-end d’exploitation, le film a engrangé 77 millions de dollars rien qu’aux États-Unis, et 234 millions de dollars à l’échelle mondiale. Pour mettre ces résultats en perspective : c’est le troisième meilleur démarrage domestique de l’année 2026, le plus grand opening de toute la carrière de Meryl Streep, et le chiffre d’ouverture le plus élevé pour une comédie traditionnelle depuis Pitch Perfect 2 en 2015. Le film a même ouvert plus haut que le dernier Thunderbolts de Marvel. Et à l’heure où ces lignes sont écrites, après deux semaines d’exploitation, le compteur mondial dépasse déjà les 233 millions de dollars, en passe de surpasser l’intégralité du parcours en salles du premier film, qui avait totalisé 326 millions de dollars sur toute sa carrière.
Ce succès ne doit pourtant rien au hasard. Contrairement à de nombreuses suites qui se contentent de capitaliser sur un nom connu, le film a réuni l’essentiel de l’équipe créatrice originale : le réalisateur David Frankel, la scénariste Aline Brosh McKenna, le producteur Wendy Finerman, ainsi que le chef opérateur, le décorateur et la costumière. Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt et Stanley Tucci sont tous de retour, auxquels se sont joints Lucy Liu, Justin Theroux, B.J. Novak ou encore Simone Ashley pour incarner une nouvelle génération.
Le Diable s’habille en Prada 2 : ce que le film raconte vraiment
L’intrigue prend un virage inattendu par rapport au premier volet. Andy Sachs vient de se faire licencier en tant que journaliste. Ses amis stagnent dans leurs carrières. Miranda Priestly elle-même voyage désormais en classe économique. Le magazine Runway survit grâce à la fortune d’une investisseuse indépendante, et Emily se prépare à une reconversion chez Coach. Le film s’attaque frontalement au désenchantement d’une génération entière, celle qui avait grandi avec les promesses d’ascension sociale du premier opus et qui les voit aujourd’hui s’effriter.
Selon David Frankel, interrogé par Variety, le film tourne autour d’une question fondamentale que Miranda se pose à voix haute : quelle sera son héritage ? À presque 80 ans fictifs, elle ne peut plus ignorer l’inexorable montée des technologies qui menacent la presse, la mode, et tout ce qu’elle a construit. Une scène tournée dans un décor inspiré de La Cène de Léonard de Vinci à Milan concentre toute cette tension, opposant la créativité humaine à ce qui vient la remplacer.
Le Diable s’habille en Prada 2 : un troisième film possible ?
C’est la grande question que tout le monde se pose depuis le week-end d’ouverture, et David Frankel n’a pas cherché à l’esquiver. Dans son entretien accordé à Variety, le réalisateur rappelle avec humour qu’il avait juré après le premier film de ne jamais faire de suite. Vingt ans plus tard, le voilà avec un deuxième volet sous le bras. Sa conclusion est donc logique : impossible de dire « jamais » une seconde fois. L’histoire laisse d’ailleurs une porte grande ouverte, avec Emily en pleine renaissance professionnelle, l’avenir de Runway qui reste précaire, et plusieurs fils narratifs loin d’être refermés.
Les chiffres au box-office donnent évidemment encore plus de poids à cette hypothèse. Hollywood ne laisse pas passer ce genre de résultats sans en tirer des conséquences. La seule vraie question est de savoir si les astres s’aligneront à nouveau : disponibilité du casting, trouver un angle scénaristique suffisamment fort, et surtout recréer cette alchimie rare entre des comédiens qui, selon le réalisateur lui-même, se retrouvent après vingt ans comme une famille.
Une chose est sûre : Le Diable s’habille en Prada 2 ne restera pas dans les mémoires uniquement comme un carton commercial. Il vient de prouver qu’une suite peut avoir autant d’âme, voire plus, que l’original, à condition de ne rien laisser au hasard.


