Sous ses yeux (Netflix) : le drame britannique le plus bouleversant de l’année raconte l’histoire vraie d’un père et de son fils face à l’impensable

Il y a des affaires criminelles qui marquent une époque au point de devenir impossibles à oublier. En Angleterre, le meurtre de Rachel Nickell en 1992 fait partie de celles-là. Trente ans après les faits, Netflix s’empare de cette histoire avec un angle radicalement différent de tout ce qui a déjà été fait : non pas le crime, non pas l’enquête, mais les deux personnes laissées seules dans le silence de l’après. Un père. Un fils de deux ans. Et une vie entière à reconstruire sur les décombres d’une matinée de juillet.

Sous ses yeux : une affaire criminelle qui a sidéré l’Angleterre

Le 15 juillet 1992, Rachel Nickell, jeune femme de 23 ans, se promène avec son fils Alex sur Wimbledon Common, un vaste espace vert du sud-ouest de Londres. Elle est poignardée à plusieurs reprises devant son enfant. Alex, qui n’a pas encore deux ans, se retrouve seul à ses côtés avant que les secours n’arrivent. Le choc est national. Les médias britanniques se jettent sur l’affaire et ne la lâcheront plus pendant des années.

L’enquête qui suit devient l’une des plus controversées de l’histoire de la police métropolitaine. Les enquêteurs se concentrent rapidement sur Colin Stagg, un homme solitaire qui promenait régulièrement son chien sur Wimbledon Common. En l’absence de preuves solides, la police monte une opération d’infiltration d’une ampleur inédite : une agent sous couverture, présentée sous le pseudonyme de Lizzie James, est chargée de tisser une relation avec Stagg dans l’espoir de lui soutirer des aveux. L’opération dure des mois. Colin Stagg ne confesse rien, parce qu’il n’a rien à confesser. En 1994, le juge Ognall rejette l’affaire, condamnant les méthodes policières comme une tromperie d’une gravité exceptionnelle. Stagg passe quatorze mois en détention pour un crime qu’il n’a pas commis.

Pendant tout ce temps, le véritable meurtrier, Robert Napper, continue de sévir. En novembre 1993, il tue Samantha Bisset et sa fille de quatre ans à Plumstead. Ce n’est qu’en 2003, grâce à de nouveaux profils ADN, que Napper est formellement lié au meurtre de Rachel Nickell. Il plaide coupable pour meurtre pour raisons de troubles mentaux en 2008. Seize ans après les faits.

Sous ses yeux : de quoi ça parle ?

La série ne cherche pas à reconstituer le crime ni à disséquer l’enquête sous l’angle policier. Sous ses yeux fait un choix narratif courageux : raconter l’histoire du point de vue d’André Hanscombe, le compagnon de Rachel, et de leur fils Alex. André devient père célibataire du jour au lendemain, sans préparation, sans filet, avec pour seule priorité protéger un enfant de deux ans qui a tout vu sans pouvoir rien dire.

La série suit ce père à travers les années, confronté à la pression médiatique dévorante, à l’urgence d’une enquête de plus en plus désespérée, et surtout au défi quotidien d’élever seul un enfant traumatisé dans un contexte aussi violent. Comment parler à un fils qui grandira avec ce souvenir enfoui ? Comment protéger Alex des regards, des journalistes, du poids d’une histoire qui le dépasse ? C’est ce cheminement intime, de l’obscurité vers la lumière selon les mots mêmes des créateurs, que Sous ses yeux choisit de raconter en trois épisodes denses et éprouvants.

Sous ses yeux : coulisses et genèse du projet

Le projet est né d’une volonté de raconter cette affaire d’un angle résolument humain, en prenant soin de ne pas reproduire le traitement médiatique qui avait transformé Rachel Nickell en icône victimaire et Alex en petit garçon tragique sous les projecteurs. La démarche a impliqué dès le départ une collaboration directe avec André et Alex Hanscombe, qui ont tous deux participé comme consultants à la série. Leur implication était une condition morale fondamentale pour une fiction fondée sur des événements aussi sensibles.

La série est produite par STV Studios Drama, la société britannique à l’origine de plusieurs productions polars remarquées, dont The Victim. Les producteurs exécutifs Sarah Brown et John Yorke entourent Rob Williams, créateur et scénariste unique de la série. Williams arrive sur ce projet avec un parcours particulièrement solide dans le drame britannique fondé sur des faits réels : après avoir écrit pour Killing Eve et Le Maître du Haut Château, il avait créé The Victim pour la BBC en 2019, une mini-série sur la fausse accusation qui reste l’une des œuvres les plus appréciées de la décennie dans le genre. Sous ses yeux s’inscrit dans la continuité directe de cette sensibilité pour les vérités inconfortables et les zones grises morales.

La réalisation est confiée à Alex Winckler, qui avait dirigé plusieurs épisodes de la série Mary & George avec Julianne Moore et Nicholas Galitzine en 2024.

Sous ses yeux : le casting

Jordan Bolger, révélé dans la série This Town de Steven Knight, incarne André Hanscombe avec la gravité et la fragilité que le rôle exige. Il porte l’essentiel du poids émotionnel de la série, présent dans presque chaque scène. Max Fincham, vu dans Invasion, joue Alex adolescent, le fils témoin devenu jeune homme porteur d’une mémoire qu’il n’a jamais vraiment pu saisir.

Le casting de second plan réunit Neil Maskell dans le rôle de l’inspecteur Keith Pedder, l’un des responsables de l’enquête controversée, Kevin Eldon en supérieur hiérarchique, Mark Stanley en sergent de terrain, Jon Pointing et James Dryden dans les rôles d’autres enquêteurs. Kerry Godliman campe la mère d’André, Claire Rushbrook joue la psychologue de l’enfant, James Bradshaw complète le tableau côté police.

Netflix a pris soin de diffuser simultanément, le même 4 juin 2026, un documentaire compagnon intitulé Le Meurtre de Rachel Nickell, réalisé par Lucy Bowden, nommée aux BAFTA. Les deux programmes éclairent la même affaire sous deux angles distincts et peuvent parfaitement se regarder séparément.

Sous ses yeux : bande-annonce

Sous ses yeux : date de sortie sur Netflix

Sous ses yeux est disponible sur Netflix depuis le mercredi 4 juin 2026. La mini-série se compose de trois épisodes, disponibles en intégralité dès la mise en ligne pour un visionnage d’une traite. Si le format court peut surprendre, chaque épisode porte un poids émotionnel suffisant pour que trois heures de série laissent longtemps leur empreinte.