Huit épisodes pour construire quelque chose de beau, et un finale pour tout emporter. La Petite Maison dans la prairie conclut sa première saison sur Netflix avec un épisode intitulé « This Is Now », dont le thème affiché est « Rêver grand », ce qui aurait pu sembler cruel si la série n’avait pas su transformer ce départ forcé en quelque chose de profondément juste. Les Ingalls perdent leur maison, leur terre et presque tout ce qu’ils ont bâti depuis le premier épisode. Et pourtant, la dernière image de la saison est un sourire. Comment la showrunneuse Rebecca Sonnenshine parvient-elle à ce tour de force ? C’est ce que cet article dévoile en détail.
La Fête des Fondateurs et les plans de Mary et Laura dans La Petite Maison dans la prairie
L’épisode s’ouvre sur une journée qui s’annonce festive. Independence célèbre sa Fête des Fondateurs, avec des compétitions locales et des prix en argent à la clé. Mary, jouée par Skywalker Hughes, et Laura, incarnée par Alice Halsey, ont un plan secret : remporter le maximum d’épreuves pour aider leurs parents à rembourser leur dette au magasin général, une dette dont elles ont découvert l’existence quelques épisodes plus tôt et qu’elles portent en silence depuis.
Pendant ce temps, Charles, joué par Luke Bracey, est d’un optimisme presque imprudent. Il fait des plans pour agrandir la maison, convaincu que tout va s’arranger. Caroline, incarnée par Crosby Fitzgerald, accepte cette confiance tout en cherchant discrètement un poste d’institutrice qui lui permettrait de contribuer aux revenus familiaux. Tout semble en ordre. La prairie est haute, le soleil est là, les filles ont de l’énergie à revendre.
Les résultats de la fête sont mitigés. Mary remporte l’épreuve de broderie. Les deux sœurs gagnent la course à pied. Mais Laura perd le concours de fronde face aux sœurs James, et l’épreuve de dissertation qui devait revenir à Mary lui est finalement soumise à elle quand sa sœur aînée, prise à consoler un Caleb effondré, ne peut pas y participer à temps. Laura improvise un discours du cœur sur ce que le mot « indépendance » signifie pour elle. Elle perd la compétition. Mais Charles lui dit que c’est le plus beau discours qu’il ait jamais entendu, et le plus sincère.
La vérité sur la terre Osage et la décision dévastatrice de La Petite Maison dans la prairie
La fête bat son plein quand la catastrophe frappe sur deux fronts simultanément. Pendant la soirée dansante qui clôt la Fête des Fondateurs, une bagarre éclate entre Russell Kind, joué par Ryan Robbins, et Eli James. Charles s’interpose et apprend dans la confrontation qui s’ensuit la vérité que tout le monde semblait savoir sauf eux : Eli James était impliqué dans le projet qui a attiré les familles comme les Ingalls à Independence en leur promettant des terres, sans leur dire que ces terres appartenaient aux Osage.
Maintenant que le traité entre le gouvernement américain et les Osage est signé, la terre passe officiellement aux mains du gouvernement fédéral. Les colons ont deux options : acheter la terre au gouvernement à un prix que les Ingalls ne peuvent absolument pas se permettre, ou la quitter. Caroline découvre en même temps que le poste d’institutrice qu’elle espérait a été pourvu. Eli James propose à Charles du travail sur le chemin de fer, mais cela l’éloignerait de sa famille pour un an ou deux, et depuis le début de la saison, Charles a prouvé que la famille passe avant tout le reste. Ils n’ont pas le choix.
À cela s’ajoute un dernier coup : la famille à qui les Ingalls avaient loué leur ancienne ferme au Wisconsin traverse elle-même une crise, et ne peut pas envoyer d’argent pendant au moins un an de plus. Les dettes s’accumulent. L’espoir s’amincit.
Et puis la prairie prend feu.
L’incendie qui emporte tout dans La Petite Maison dans la prairie saison 1
C’est la scène la plus spectaculaire de la saison, et aussi la plus symbolique. Un incendie se déclare dans les champs et se propage rapidement vers le village. La communauté d’Independence réagit immédiatement avec une solidarité instinctive : les femmes et les enfants sont mis en sécurité, les hommes combattent les flammes. Le feu finit par s’éteindre quand le vent tourne, mais il a détruit une grande partie des récoltes et des terres. Pour les Ingalls, déjà à bout de ressources, c’est le coup de grâce.
La décision est prise cette nuit-là. Ils vont partir.
Rebecca Sonnenshine a confié à Deadline que la saison entière était une réflexion sur le mythe américain de la conquête de l’Ouest, ce fantasme vendu aux familles comme les Ingalls : allez vers l’Ouest, la prairie vous attend, la terre est là pour qui veut la prendre. « Dès le pilote, nous parlions de ce mythe de l’Amérique », explique-t-elle. « Tu peux y aller et réussir seul. La prairie t’appelle. » Ce que la saison démontre avec une honnêteté rare, c’est que ce mythe avait un coût humain et moral considérable, pour les familles de colons qui perdaient tout sur des promesses vides, et pour les peuples autochtones dont les terres étaient tout simplement prises.
Les adieux d’Independence et les graines plantées pour la saison 2
Le lendemain matin, la communauté se rassemble pour dire au revoir aux Ingalls. Les séparations sont douloureuses et mémorables. Mary et Caleb partagent un premier baiser, muet, rapide, suffisant pour dire tout ce qui ne peut pas encore se dire à leur âge. Laura fait promettre à Good Eagle, jouée par Wren Zhawenim Gotts, de continuer à s’écrire. Cette promesse de correspondance est un clin d’œil délibéré de Sonnenshine à ce que Laura Ingalls Wilder deviendra : une auteure dont les lettres et les souvenirs d’enfance nourriront des romans lus par des millions de personnes dans le monde entier. La showrunneuse a précisé vouloir tisser tout au long des saisons à venir la question de comment Laura est devenue écrivaine.
L’autre fil planté pour la suite est plus discret, mais les lecteurs des romans d’Ingalls Wilder l’auront immédiatement repéré : Mary commence à montrer des signes de problèmes de vue pendant les événements du finale, des clignements répétés, une légère hésitation devant certains obstacles. L’arc de la cécité progressive de Mary Ingalls, l’un des éléments les plus poignants et les plus connus des romans originaux, se met silencieusement en place.
La fin de l’épisode 8 de La Petite Maison dans la prairie : Edwards, Walnut Grove et le départ
Au moment où la famille quitte Independence sur son chariot couvert sans savoir où elle va, Mr. John Edwards, joué par Warren Christie, les rejoint au galop. Ce personnage de solitaire bougon, dont toute la saison a raconté la transformation en véritable ami de la famille, n’était pas venu à la fête d’adieu. Mais il est là maintenant, avec un plan et une destination.
Sa femme a une cousine dans le Minnesota. La femme de cette cousine tient un magasin dans une ville qui s’appelle Walnut Grove. Edwards sort une esquisse du magasin Oleson et la montre aux Ingalls. « J’ai entendu dire que les terres sont bonnes et les gens aimables », dit-il. Charles regarde son ami, puis sa famille, puis l’horizon. « Montre-nous le chemin », dit-il simplement.
Le chariot s’éloigne. La prairie disparaît derrière eux. Et pour la première fois de la saison, l’avenir a un nom.
La Petite Maison dans la prairie Saison 2 : ce qu’on peut en attendre
La saison 2, déjà confirmée par Netflix, transposera l’histoire de la famille à Walnut Grove, Minnesota, le décor emblématique de la série originale des années 1970 et du roman d’Ingalls Wilder On the Banks of Plum Creek. Les nouveaux personnages annoncés, dont Nellie Oleson jouée par Willa Dunn et Margaret Oleson incarnée par Charlotte Sullivan, confirment que l’antagonisme social si caractéristique de l’univers d’Ingalls Wilder va enfin entrer en scène. Rachelle Lefevre jouera Eva Beadle, l’institutrice du village, qui sera au cœur de la vie communautaire de Walnut Grove.
La vision de Mary, la naissance de la petite Carrie pendant la saison 1, et la future vocation d’écrivaine de Laura constituent les trois fils majeurs que la saison 2 aura à développer.


